PORCHÉ (François). Né à Cognac. 1877-1944. Poète et dramatur - Lot 241

Lot n° 241
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Estimation :
80 - 100 EUR
PORCHÉ (François). Né à Cognac. 1877-1944. Poète et dramatur - Lot 241
PORCHÉ (François). Né à Cognac. 1877-1944. Poète et dramaturge français. 7 L.A.S. adressées à l’actrice Madame Simone (1), sa compagne. 13 pages in-8. Une lettre gravée à son adresse. On joint une lettre de Catherine Daïdoukov, première épouse de François Porché, en date du 21 juin 1916, évoquant la santé de leur fils, Vladimir Porché. TRÈS BEL ENSEMBLE DE SEPT LETTRES. — La première lettre, écrite à Cérisé le 11 novembre 1918 et signée « Ton morfesse », est un saisissant témoignage sur la fin de la première guerre mondiale … « À midi j’ai entendu un carillon lointain dans la direction de Gisors. J’ai ouvert ma fenêtre et crié à Vallousia (2) : La guerre est finie… (…) À une heure, de vagues sonneries de clairons s’entendaient au loin. À deux heures notre clocher se mettait de la partie. Et toutes les cloches des environs lui répondaient. Des salves d’artillerie vinrent se joindre aux carillons (…) À dîner, Madame Bassinet, ne se connaissant plus, a simplement déclaré : Ben, on devra arroser. Trouvant le mot un peu trop familier, quoique naïf, j’ai répondu : Personne ici ne boit de vin. Telle fut à Cérisé la fin de la guerre. Du moins au dehors. Car au-dedans de moi c’était, malgré la joie, une triste commémoration des morts… » François Porché donne ensuite quelques nouvelles de leurs proches (…) Il achève sa lettre avec un très beau poème sur la cruauté de la guerre. — Dans la seconde lettre, écrite d’Arcachon le 11 décembre 1923 et signée « Touvillon », François Porché s’avoue rassuré d’avoir reçu des nouvelles de sa compagne. Il évoque ensuite son travail et sa vie quotidienne (…) Il termine sa lettre en avouant : « À la vérité, je suis bien triste. Je veux dire que ma tristesse augmente tous les jours. C’est ta chaleur, semble-t-il, qui se retire de moi… » — Dans la troisième lettre, écrite à Arcachon le 12 décembre 1923 et signée « Ton François », François Porché décrit ses journées passées sans Madame Simone (…) Il évoque ensuite le livre de Jean Rostand, Angoisse (6), et constate : « C’est remarquable. Ce “bougre-là” a beaucoup de talent… » — Dans la quatrième lettre, écrite d’Arcachon le 19 décembre 1923 et signée « Ton François », François Porché se réjouit du triomphe de sa compagne (…) Il achève sa lettre en s’exclamant : « Encore 16 jours jusqu’au 4 ! Dire que nous ne sommes pas encore à la moitié de cet affreux temps d’exil ! Je t’aime mon amour adoré. Je te fais ma prière chaque soir et chaque matin. L’entends-tu ?… » — Dans la cinquième lettre, sans lieu ni date, signée « Ton François », François Porché joint à sa missive un article relatant les succès de Madame Simone (…) Il conclut : « Tous les deux nous t’embrassons de tout notre cœur, quoique différemment. Je t’aime… » — Dans la sixième lettre, sans lieu ni date, signée « Ton François », François Porché regrette : « Je vois dans Le Temps qu’il fait horriblement chaud à Paris. Ce n’est pas de chance… » Il termine en demandant : « Que serait la vie sans toi ?… » — Dans la septième et dernière lettre, non datée, écrite à Paris et signée « Ton François », François Porché informe sa compagne (…) Il achève sa lettre en déclarant : « Je t’aime cher amour et fais des vœux pour Le désordre (7). T’y es remise ?… » Avocat près la cour d’appel de Paris, François Porché abandonna bien vite le barreau pour se consacrer à la poésie. En 1902, ses premiers textes parurent dans Le Mercure de France et, en 1904, dans Les Cahiers de la Quinzaine de Péguy. Plus tard, il se lia à Jacques Copeau et à Jacques Rivière, collabora à La Nouvelle Revue Française et, dès le début de la première guerre mondiale, bien que réformé, il partit pour les tranchées de Dunkerque et de Dixmude.
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