L’HISTOIRE ARTISTIQUE DES DEUX DERNIERS SIECLES AU DETOUR DE LETTRES ET MANUSCRITS
De Stendhal à Rodin, en passant par Delacroix, Liszt, Verlaine et Proust, la vacation Lettres & Manuscrits du 22 avril 2026 permettra aux amateurs d’apprécier différents jalons d’une période riche en créations à travers la main de certaines de ses plus illustres personnalités.
Le début du XIXe siècle est marqué par les campagnes napoléoniennes, sources d’inspirations pour les peintres autant que pour les écrivains et poètes. En 1807, un certain Henri Beyle, officier dans l’armée de Napoléon, rapporte ses pérégrinations en Prusse à sa sœur Pauline, alors qu’il vient de quitter Berlin pour Hanovre. La route qu’il emprunte passe par Stendal. Une décennie plus tard, ce dernier publie Rome, Naples et Florence sous le nom de “M. de Stendhal’’.
La lettre de Stendhal adressée à sa sœur Pauline en 1807 (lot 274) est donc un précieux témoignage du temps où le jeune Henri Beyle connut la ville qui lui inspira son pseudonyme.

Lot 274 : STENDHAL (Henri Beyle, dit).
Le siècle est également rythmé par les salons de peinture qui se tiennent à Paris. Il était alors primordial pour les artistes exposés de bénéficier d’un emplacement propre à attirer les regards.
C’est ce qui est retranscrit dans une lettre manuscrite d’Eugène Delacroix (lot 128) qui prie le destinataire d’accrocher son tableau “en bas et au coté gauche de la galerie où la lumière est meilleure”.
Proche de Delacroix, Franz Liszt marquera tout autant son art; la musique. Le compositeur est inspiré d’idéaux romantiques qui le pousseront à fonder l'Allgemeiner Deutscher Musikverein, une association musicale qui devait incarner les principes de la nouvelle école allemande.
Un brouillon de lettre de la main de Franz Liszt (lot 198) concernant son association sera ainsi présenté durant cette vacation.
Seront également présentées plusieurs lettres manuscrites de Paul Verlaine (lot 280 à 281) mais également une intéressante lettre de Marcel Proust datée de juin 1906 (lot 247). Celle-ci témoigne de la sensibilité de l’auteur de la Recherche du temps perdu qui évoque le peintre vénitien Vittore Carpaccio et le critique d’art John Ruskin, qu’il contribua à faire connaître en France.
.png)
Lot 247 : PROUST (Marcel).
Un autre témoignage d’une œuvre phare se trouve dans les remerciements d’Auguste Rodin à Louis Barthou (lot 253), datés du 30 décembre 1904, un des souscripteurs du comité du Penseur qui permit l’acquisition de la fameuse sculpture par la ville de Paris.
Parmi cette vaste sélection de manuscrits autographes, les amateurs auront également plaisir à retrouver Claude Debussy, Louis-Ferdinand Céline, Simone de Beauvoir ou encore Jean Anouilh.
Perceval Rousseau