SIMEON FOUCAULT (1884 - 1923) : entre académisme et Art déco
Né à Nantes le 3 mai 1884, Siméon Foucault est admis en 1904 à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts et suit les enseignements de ses maîtres Louis-Ernest Barrias et Jules Coutan. Son Berger chaldéen étudiant les astres lui vaut l’obtention du premier grand prix de Rome de sculpture en 1912.
Il est pensionnaire de la villa Médicis à partier de janvier 1913 avec notamment André Maillart, qui est à l'origine du seul portrait connu de Siméon Foucault (gravure ci-contre). Son séjour est cependant écourté par la déclaration de guerre et Siméon Foucault est incorporé au 65e régiment d’infanterie de ligne le 3 août 1914.
Démobilisé en 1919, il conçoit trois monuments aux morts, ceux du lycée Clémenceau à Nantes et de Rezé en 1922, et celui de Saint-Nazaire en 1923. Il retourne ensuite à la Villa Médicis pour achever ses études et s’installe ensuite à Auteuil.
Siméon Foucault participe également au nouvel élan que connaît les arts décoratifs au début des années 1920. Au même titre que Alfred Janniot, Pierre Turin et les frères Martel, Foucault a réalisé des plaques en bronze pour la
série de meubles dit “à fards” conçue par Jacques-Emile Ruhlmann à partir de 1924.
Parc de la villa Médicis, début 1914, où figurent André Maillart
et Siméon Foucault (assis, en bas à droite).
La vacation dédiée à l’atelier de Siméon Foucault propose notamment deux plâtres représentant des soldats de la Grande Guerre, dont un tirailleur sénégalais (lot 27). Ces modèles, de par la forte impression de monumentalité qui s’en dégage, font écho aux réalisations commémoratives du sculpteur.
Lot 27 : Siméon FOUCAULT (1884 - 1923), Le sénégalais, plâtre patiné.
La contribution de l’artiste au style Art déco est manifeste dans deux modèles en plâtre. D’une part avec un miroir à main à décor de ruban et figurant une jeune femme dénudée (lot 15, signé derrière le miroir) et, d’autre part, avec un coffret à bijoux dont le couvercle est une femme assise en tailleur (lot 16). Ces deux créations seront d’ailleurs éditées en bronze doré, notamment le coffret, par la fonderie Susse.

Lot 15 : Siméon FOUCAULT (1884 - 1923), Miroir à main, plâtre, signé à l'arrière.

Lot 16 : Siméon FOUCAULT (1884 - 1923), Modèle pour un coffret à bijoux, plâtre.
D’autres créations originales oscillent à la fois entre l’académisme de ses figures commémoratives et les lignes épurées de l’Art déco. C’est le cas pour certaines de ses œuvres telles que ses figures féminines enveloppées d’une ample robe (lot 13 et 14), des
Femmes à la coupe (lots 19 à 21), à la frontière entre l’hommage à l’antique et la verticalité purement décorative ou ses
Femmes dans les blés (lot 2) traitées à la manière d’un bas-relief.

Lot 15 : Siméon FOUCAULT (1884 - 1923),
Femme à la robe, terre cuite blanche émaillée, signée sur la base.

Lot 19 : Siméon FOUCAULT (1884 - 1923),
Femme à la coupe, terre cuite, signée sur la base.

Lot 2 : Siméon FOUCAULT (1884 - 1923),
Femmes dans les blés, terre cuite originale d'atelier.
La réception de son œuvre a souffert de sa disparition prématurée en 1923, son nom devenant rapidement éclipsé par les nombreux autres artistes qui contribueront au renouveau des arts décoratifs et de la statuaire dans les années 1920 et 1930.
Les amateurs auront donc plaisir à découvrir, ou redécouvrir, cet artiste peu courant grâce à cette vacation qui propose des tirages émaillés, des plâtres, des terres cuites originales d’atelier mais également les moules utilisés par l’artiste lui-même.
Perceval Rousseau
Sources :
- DANIEL, "Siméon Foucault (1884-1923), statuaire : de la mémoire à l'oubli", Bulletin de l'Association des amis de Rézé, février 2012.
- RUHLMANN, Meuble à fards, site internet du MuMa, Le Havre.